Objectif uniqueExpliquer comment les saisons et les obligations organisent la vie des paysans.
Compétence viséeRaconter la vie quotidienne des paysannes et des paysans (calendrier annuel des travaux, obligations envers le seigneur, l’Église, etc.).
Enjeu d’apprentissage
Comprendre une vie quotidienne faite d’un cycle de travaux et d’une dépendance envers le seigneur.
Savoir à construire
Les travaux suivent les saisons ; corvées, redevances et banalités manifestent la domination seigneuriale, tandis que la dîme est due à l’Église.
Rappel et mise en problème
Collectif
PERéactiver en une question la séance précédente et afficher la problématique du jour.ConsigneComment les paysans vivent-ils et travaillent-ils dans la seigneurie ?ÉlèvesRappeler un acquis utile, reformuler la question et annoncer ce qu’il faudra prouver avec les documents.
Récit 1 - interruption
Écoute collective
PE
« En juillet, Martin aide à couper le blé. Il rêve du jour où les outils pourront enfin rester au repos. Mais Aélis lui rappelle les gerbes à battre, les vendanges à préparer, les semailles d'automne, puis la taille des vignes en hiver. À chaque saison, une nouvelle tâche semble attendre les familles paysannes… »
ConsignePourquoi Martin ne peut-il jamais dire : « Les travaux sont finis pour cette année » ?ÉlèvesÉcouter, repérer ce qui manque pour poursuivre le récit et formuler une première hypothèse.
Document 1 — Les travaux au fil des saisons
Binômes puis collectif
PE
Deux détails agrandis de calendriers médiévaux : juillet (vers 1410) et travail de la vigne en février (vers 1510-1520). Postérieurs aux XIIe-XIIIe siècles, ils illustrent des gestes agricoles anciens.
Supports : fiche élève avec les agrandissements + grande roue séparée (deux exemplaires par A4) et six étiquettes.
Q1. Dans la scène A, quel outil courbé le paysan tient-il ? Que va-t-il faire avec les épis ?
Q2. Dans la scène B, relève deux indices montrant que la scène se déroule en hiver. Quel travail les hommes font-ils sur la vigne ?
Q3. Sur la roue distribuée, place les six étiquettes. Puis relie par une flèche : semailles → moisson → battage.
Q4. Pourquoi Martin ne peut-il jamais dire que les travaux sont terminés pour toute l’année ?
ConsigneSur la feuille-roue, découpe et place les six étiquettes. Ne les colle qu’après la correction.ÉlèvesObserver des indices précis, classer six travaux et expliquer semailles → moisson → battage.
Fiche séance - Suite
Deux documents, deux réponses
HistoireCM1Suite55 minutes
Chapitre 1 : Vivre dans une seigneurie
Mise en commun - document 1
Collectif
PE
Q1. Dans la scène A, quel outil courbé le paysan tient-il ? Que va-t-il faire avec les épis ?
Réponse : Le paysan tient une faucille, outil à lame courbe. Les épis sont mûrs : il va les couper pour la moisson.
Q2. Dans la scène B, relève deux indices montrant que la scène se déroule en hiver. Quel travail les hommes font-ils sur la vigne ?
Réponse : Les arbres et les ceps n’ont pas de feuilles et les hommes portent des vêtements chauds. Ils taillent les ceps et emportent les branches coupées.
Q3. Sur la roue distribuée, place les six étiquettes. Puis relie par une flèche : semailles → moisson → battage.
Réponse : Hiver : taille de la vigne. Fin du printemps ou début de l’été : fenaison. Été : moisson puis battage. Automne : vendanges et semailles. On sème d’abord, on récolte ensuite, puis le battage sépare le grain. Préciser que les dates varient selon les régions, les cultures et le climat.
Q4. Pourquoi Martin ne peut-il jamais dire que les travaux sont terminés pour toute l’année ?
Réponse : Chaque saison apporte un travail différent et, après la récolte, il faut déjà préparer la suivante. Le cycle recommence chaque année.
ConsigneComparez chaque réponse au document. Corrigez seulement ce qui n’est pas justifié par un indice.ÉlèvesArgumenter, compléter la réponse commune et conserver le vocabulaire validé.
Récit 2 - nouvelle interruption
Écoute collective
PE
« La moisson est terminée. Martin charge le grain sur une charrette pour le rapporter à sa famille. Le prévôt du seigneur l'arrête : une part doit être remise, et certains habitants sont encore appelés pour travailler au fossé. Martin découvre que cultiver sa terre ne signifie pas garder tout ce que l'on produit… »
ConsigneAprès la moisson, pourquoi Martin ne rapporte-t-il pas tout le grain chez lui ?ÉlèvesIdentifier le nouveau problème et annoncer quels indices devront être recherchés.
Document 2 — Les obligations envers le seigneur et l’Église
Groupes puis collectif
PE
Charte de Corbie, après 1170 et avant 1200, traduction et adaptation pédagogique d'après TELMA-Chartes ; compléments d'après la BnF et le programme officiel.
Tous les hommes non libres doivent, pour chaque exploitation, six jours de travail manuel chaque année, notamment au fossé. Dans la seigneurie, des paysans remettent aussi une partie de leurs récoltes ou de l'argent au seigneur. Pour utiliser certains équipements du seigneur, comme le moulin, ils paient une taxe appelée banalité. Les paysans doivent aussi à l’Église un prélèvement sur leurs récoltes appelé dîme.
Q1. Dans le texte, relève ce que le paysan doit FAIRE, DONNER au seigneur, PAYER et DONNER à l’Église.
Q2. À partir des exemples, explique la différence entre une corvée, une redevance, une banalité et la dîme.
Q3. Un paysan qui possède très peu d'argent peut-il éviter toutes les obligations ? Justifie avec deux indices du document.
Q4. Que révèlent ces obligations sur la place du seigneur et de l’Église dans la vie paysanne ?
ConsigneSurligne d'une couleur ce qui est DONNÉ et d'une autre ce qui est FAIT. Nomme ensuite les quatre obligations.ÉlèvesSurligner ce qui est fait, donné et payé, puis nommer les quatre obligations.
Fiche séance - Suite
Corriger, structurer et copier
HistoireCM1Suite55 minutes
Chapitre 1 : Vivre dans une seigneurie
Mise en commun - document 2
Collectif
PE
Q1. Dans le texte, relève ce que le paysan doit FAIRE, DONNER au seigneur, PAYER et DONNER à l’Église.
Réponse : Il doit travailler plusieurs jours, donner au seigneur une partie des récoltes ou de l'argent, payer pour utiliser certains équipements et donner à l’Église un prélèvement sur les récoltes.
Q2. À partir des exemples, explique la différence entre une corvée, une redevance, une banalité et la dîme.
Réponse : La corvée est un travail gratuit ; la redevance est une part de récolte ou une somme remise au seigneur ; la banalité est une taxe payée pour utiliser un équipement seigneurial ; la dîme est un prélèvement sur les récoltes dû à l’Église.
Q3. Un paysan qui possède très peu d'argent peut-il éviter toutes les obligations ? Justifie avec deux indices du document.
Réponse : Non. Même sans argent, il peut devoir fournir du travail gratuit et une part de sa récolte.
Q4. Que révèlent ces obligations sur la place du seigneur et de l’Église dans la vie paysanne ?
Réponse : Le seigneur impose du travail, reçoit des redevances et contrôle des équipements indispensables. L’Église reçoit la dîme. Tous deux encadrent donc une partie importante de la vie paysanne.
ConsigneRevenez à la question-suspense et formulez maintenant une réponse complète.ÉlèvesJustifier la réponse finale et relier les deux documents étudiés.
Institutionnalisation et trace écrite
Collectif puis individuel
PEFaire reformuler l’apprentissage, projeter la trace et expliciter les mots colorés.ConsigneCopiez la trace écrite en respectant les tirets et les couleurs projetées.ÉlèvesReformuler oralement puis copier avec soin la leçon validée.
Trace écrite
Le travail et les obligations des paysans
Au Moyen Âge, la majorité des habitants des seigneuries sont des paysans.
Leurs travaux suivent les saisons : semer en automne, entretenir les champs et les vignes en hiver, faucher et moissonner en été, vendanger puis préparer de nouvelles semailles.
Les récoltes dépendent du climat et demandent beaucoup de travail manuel à toute la famille.
Les paysans cultivent leurs terres, mais ils doivent aussi au seigneur des redevances : une part des récoltes ou de l'argent.
Ils accomplissent des corvées, c'est-à-dire des journées de travail gratuites pour le seigneur.
Ils paient des banalités pour utiliser le moulin, le four ou le pressoir du seigneur.
Ils doivent aussi à l’Église la dîme, un prélèvement sur les récoltes.
Chaque réponse est reliée à une source vérifiée. Au-delà de ce cadre, annoncer qu’une vérification est nécessaire.
Repères sûrs
Repères pour la roue : semailles en automne ; taille de la vigne en février-mars ; fenaison et moisson en juin-juillet ; battage après la moisson ; vendanges à la fin de l’été ou en automne. Les calendriers varient selon les régions, les cultures et le climat.BNF
Le pouvoir seigneurial peut imposer des corvées, des redevances et des banalités, notamment pour l’usage obligatoire du moulin, du four ou du pressoir. Les montants et les usages ne sont pas uniformes.BNF
La dîme est un prélèvement dû à l’Église, souvent versé en nature sur les récoltes. Son application varie selon les lieux et les périodes : éviter de la présenter comme une fraction toujours identique.PINRAP
La notice de Corbie concerne précisément des hommes non libres dépendant de l’abbaye : six jours annuels de travail manuel par manse, dans un acte daté d’après 1170 et avant 1200.TELMA
Questions probables des élèves
Tous les paysans étaient-ils des serfs ?
Non. Les statuts sont variés : hommes libres, dépendants et serfs coexistent. Le document de Corbie nomme justement les hommes non libres, ce qui interdit de généraliser à tous les paysans.
BNFTELMA
Les paysans faisaient-ils toujours six jours de corvée ?
Non. Les six jours appartiennent au cas précis de Corbie. Les obligations diffèrent selon les lieux, les périodes, les statuts et les accords locaux.
TELMABNF
Pourquoi payer pour utiliser le moulin ou le four ?
Le seigneur exerce le droit de ban et peut imposer l’usage de certains équipements seigneuriaux contre une taxe appelée banalité.
BNF
Pièges à éviter
Ne pas présenter les miniatures agricoles comme des photographies du XIIe siècle : celles utilisées sont postérieures et servent à observer des gestes, avec prudence.GETTYBNF
Distinguer clairement : corvée = travail exigé ; redevance = part de récolte ou somme due ; banalité = taxe liée à un équipement ou à un droit seigneurial.BNFTELMA
Ne pas confondre redevance seigneuriale et dîme : la première est due au seigneur ; la seconde relève de l’Église.PINRAP